Edit Template

Algérie, voile, Islam : la France « retourne à ses délires colonialistes »

« Dans le passé colonial français se sont fondés les préjugés raciaux dont notre société ne se défait pas ». Algérie, Loi contre le voile dans le sport, islamophobie…pour l’architecte et urbaniste, Catherine Tricot, la France « retourne à ses délires colonialistes ». Elle appelle, dans un article publié sur le site Regards, à un indispensable travail de déconstruction d’un racisme « enkysté dans les mémoires et les mentalités ».

C’est le 15 mars 2022 que l’Assemblée générale des Nations unies a institué une journée internationale de lutte contre l’islamophobie. Cette résolution se fonde sur les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme en faveur de la promotion et de la protection des droits humains et des libertés fondamentales de toutes les personnes.

Les Nations unies soulignent le lien entre ce combat et celui pour la paix, s’inquiétant  « de l’augmentation générale, tous auteurs confondus, du nombre de cas de discrimination, d’intolérance et de violence visant les membres de nombreuses communautés religieuses et autres dans diverses régions du monde, notamment des cas motivés par l’islamophobie, l’antisémitisme, la christianophobie ».

L’examen de la situation française leur donne raison. La résurgence d’un antisémitisme est désormais documentée. Celui d’une islamophobie au cœur de l’État est inquiétant. Le souvenir de l’affaire Dreyfus, des années 1930 et de la Shoah avait proscrit les manifestations d’antisémitisme dans tous les espaces – publics comme privés. Ces interdits ont reculé et les vieux démons remontent, se manifestent et inquiètent.

Un passé colonial qui subsiste

Les préjugés à l’égard des musulmans – ou des personnes supposées musulmanes – n’ont jamais disparu. Bien que contesté jusqu’à gauche, le terme d’islamophobie a permis de nommer et de pointer cette réalité jusqu’alors englobée dans le terme de racisme.

Jean-Michel Apathie vient de payer le rappel d’une colonisation qui fonda l’idéologie raciste et inventa des pratiques exterminatrices. Ces pratiques colonisatrices ont irradié et se sont portées contre les femmes d’Alger à qui les colons retiraient de force leur voile, le haïk m’rama. Comment ne pas y voir les racines des polémiques sans fin sur le voile ?

Lire sur le sujet : Le « dévoilement » des femmes musulmanes, une longue histoire française 

Aujourd’hui encore, Bruno Retailleau a proposé, en janvier de cette année, d’élargir la loi de 2004 pour interdire le port du voile aux accompagnatrices scolaires. Dans ce passé colonial se sont fondés les préjugés dont notre société ne se défait pas. L’indispensable travail de déconstruction passe par un retour sur cette histoire.

Bruno Retailleau

Un long travail de déconstruction

Malgré des progrès ces dernières années sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, cela n’avance pas. On peut même penser que notre pays retourne à ses délires colonialistes quand on voit la façon dont l’exécutif croit pouvoir traiter les différends avec l’Algérie ou encore s’affranchir de la position de l’Onu sur le Sahara occidental. 

Le racisme, inscrit dans l’idée de supériorité d’une race, est enkysté depuis des siècles dans les mémoires et les mentalités. Il se lit dans notre espace urbain, ségrégué comme jamais. L’éradiquer est un long travail qui revêt aussi une dimension personnelle. Il ne peut aboutir quand l’État lui-même reprend et promeut les infâmes stéréotypes. On en est là. Dingue.

Catherine Tricot

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

NEWSLETTER

PUBLICATIONS

À PROPOS

Newsletter

© Mizane.info 2017 Tous droits réservés.

slot777